Séminaire Maroc – Brésil

Monsieur le Ministre d’Etat des Relations Extérieures du Brésil ;

Monsieur le Ministre de l'Industrie, du Commerce, de l'Investissement et de l'Economie numérique du Royaume du Maroc ;

Excellence, Monsieur l’Ambassadeur ;

Mesdames et Messieurs ;

Je souhaiterais votre remercier M. Le Ministre d’Etat, ainsi que la délégation d’opérateurs économiques qui vous accompagne, pour cette visite au Maroc. Pour nous, à la CGEM, il s’agit de la 2e rencontre en moins de 2 ans, puisque nous avions eu l’honneur de recevoir, lors d’un forum Maroc-Brésil, que nous avons organisé à Marrakech, en novembre 2014, une délégation de Lidé. Bem-vindas a Marocos (bienvenue au Maroc, en brésilien)

Cette rencontre est pour nous  une occasion de partager avec vous la vision du secteur privé marocain et de lancer quelques pistes de réflexion sur ce que nos entreprises pourraient faire ensemble.

Mais tout d’abord, permettez-moi, Monsieur le Ministre d’Etat, chers confrères brésiliens, de vous présenter brièvement la CGEM.

La CGEM est la principale Confédération patronale du Maroc. Elle compte 88.000 membres, directs et indirects, qui emploient 2.9 millions de personnes et participent à hauteur de 55% du PIB du Royaume.

La CGEM c’est également, 31 fédérations sectorielles couvrant toutes les branches économiques,  24 commissions thématiques transversales dédiées à des questions telle que l’emploi, la fiscalité, l’investissement, la compétitivité, la formation ou autres. Nous avons des représentations régionales à travers tout le territoire

La CGEM, dispose de 8 représentants au sein du Sénat Marocain, qui font entendre la voix de l’entreprise et défendent les positions des opérateurs économiques au sein de l’Institution législative.

Enfin, la CGEM est l’interlocuteur officiel des pouvoirs publics pour tout ce qui implique le secteur privé, de même qu’elle est le partenaire des principaux syndicats, avec lesquels nous avons signé un pacte social.

 

Messieurs les ministres, mesdames, messieurs,

Nous avons tous à cœur de densifier les relations entre le Maroc et le Brésil et la CGEM sera votre partenaire par excellence, pour atteindre cet objectif. 

Ce développement des relations économiques, nous devons le chercher dans les complémentarités qui existent entre nos économies et qui sont autant de ponts que nous pouvons jeter pour construire des partenariats industriels.

Car, jusque-là, même si le Maroc a toujours été un partenaire traditionnel du Brésil en Afrique du Nord, et en dépit d’un accord-cadre sur le commerce signé entre le Maroc et les pays du Mercosur, la valeur ajoutée de nos échanges reste faible. En 2015, ils se sont établis à 1.6 milliards de dollars et sont dominés par les produits agricoles, halieutiques et phosphatiers, à côté de quelques produits industriels. 

Une situation qui ne reflète pas les synergies possibles entre nos économies et n’en tire pas profit. Ainsi le Brésil est une puissance agricole alors que le Maroc s’est doté d’un plan Vert qui offre des opportunités d’investissement, dans un cadre très incitatif. 

En matière d’Industrie, 44% des emplois au Brésil sont pourvus par le secteur secondaire, dans des secteurs comme l’automobile, l’aéronautique et l’électronique, alors que le Maroc dispose d’un plan d’Accélération industrielle, qui le destine à être la plateforme industrielle de l’Afrique. 

Un plan qui attire d’ailleurs des géants mondiaux tels que Renault, PSA, Beoing, Airbus, Safran, Yazaki, Delphi, Sumitomo, Mitsubishi et bien d’autres. D’ailleurs Embraer, l’avionneur brésilien, dont la Royal Air Maroc est devenue client en 2014, cherche actuellement des sous-traitants dans notre pays. 

Le même constat peut être fait en matière d’énergie : au Brésil, 83% de l’électricité produite provient des énergies renouvelables, principalement, l’hydraulique. Le Maroc, pour sa part s’est positionné avec des plans très ambitieux sur le solaire et l’éolien et prévoit se porter, en 2030, la part des renouvelables dans le mix électrique à 52%. Nous sommes déjà à près de 900 MW de capacité éolienne opérationnels,  et il y a quelques semaines, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a inauguré la mise en service de la première tranche du projet Noor, qui sera la plus grande ferme solaire au monde. 

Ces quelques exemples montrent, de manière frappante, que les potentialités de création de valeur ajoutée existent et peuvent être matérialisées à travers le co-investissement tout au long des chaînes de valeur industrielles dans les secteur que je viens de citer.

Et ces chaînes de valeur trouveront leurs marchés, tout naturellement, dans le maillage commercial que le Maroc a su construire, pour être une plateforme d’exportation vers le Nord aussi bien que vers le Sud ; et qui fait de lui la 4e destination africaine des Investissements étrangers, alors que nous n’avons ni pétrole ni gaz.

Si des groupes tels que Renault ou Yazaki sont venus s’implanter chez nous, et au delà des infrastructures et d’un climat d’investissement favorable, c’est pour profiter des 55 accords de libre-échange que nous avons signé, aussi bien avec l’Union Européenne, que la Turquie, les pays arabes et les Etats-Unis, soit un marché de plus d’un milliard de consommateurs.  

Un autre marché pour lequel le Maroc peut servir de base à la production brésilienne est celui de l’Afrique subsaharienne, où nos entreprises sont présentes dans 22 pays, et opèrent dans des secteurs aussi variés que l’agroalimentaire, l’immobilier, les infrastructures, l’industrie et les nouvelles technologies. 

En résumé, toutes les conditions sont réunies pour créer un véritable partenariat industriel entre nos deux pays et j’invite les opérateurs présents dans la salle à aller plus loin que les simples opportunités commerciales, car nous avons de quoi nous inscrire dans la durée et dans la durabilité. 

Et comme premier pas, et après deux missions économiques brésiliennes au Maroc, mon souhait est de conduire une délégation d’hommes d’affaires de haut niveau au Brésil afin de créer les liens sur lesquels se renforcera notre future relation économique. La CGEM prendra, en ce sens contact, avec les milieux d’affaires Brésiliens, et comme le dit un proverbe de chez vous « La bonne volonté raccourcit le chemin »

Je vous remercie pour votre attention