Les entrepreneurs marocains et espagnols ont besoin de co-investir dans les régions d'avenir et les métiers de demain,  d'autant plus que la conjoncture économique est favorable, a souligné vendredi  la présidente de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Miriem Bensalah-Chaqroun.

 "Nous devons nous positionner ensemble pour multiplier les initiatives  créatrices de richesses et d'emplois pérennes", a-t-elle dit lors d'une  cérémonie de présentation à Madrid du Conseil économique Maroc-Espagne (CEME).

 La convention de création du CEME avait été signée en 2013 par la CGEM et la Confédération espagnole des organisations entrepreneuriales (CEOE) devant SM  le Roi Mohammed VI et le Roi Juan Carlos 1er d'Espagne.

  Mme Bensalah-Chaqroun a relevé que le Maroc peut être une base solide pour ces investissement étrangers espagnols qui ne demandent qu'à être fructifiés pour servir à la fois les marchés du Nord et ceux du Sud, mettant l'accent sur le potentiel encore inexploité que représente le marché Africain.

  "L'Afrique connaîtra le plus fort taux de croissance au cours des 10 années à venir, et si nous Marocains et Espagnols ne sommes pas au service de cette croissance, d'autres pays le feront et le font déjà", a-t-elle insisté, en affirmant que les opérateurs espagnols peuvent compter sur un partenaire sérieux ayant une expérience sur le continent africain.

  "Nous y avons édifié le 2e réseau bancaire et assuranciel d'Afrique et nous y construisons des réseaux électriques et de télécoms. Nous bâtissons du logement, des routes et des ponts et nous assistons les gouvernements dans leur politique économique. Votre expertise dans plusieurs domaines et votre apport technologique pointu peuvent accroître cette dynamique", a-t-elle fait observer.

  Pour la présidente de la CGEM, le prisme à travers lequel la relation économique Maroc-Espagne est appréhendée aujourd'hui n'est plus celui de la concurrence, mais bel et bien celui de la convergence. Les 105 traités bilatéraux que le pays ibérique a signé avec le Maroc, soit deux fois plus qu’avec l'ensemble des autres pays du Maghreb, sont la preuve d’une interdépendance à la fois économique, diplomatique, sociale et culturelles. 

 Elle a fait savoir, d'autre part, que la CGEM et la CEOE sont en train de parachever l'installation du Conseil économique Maroc-Espagne qui bientôt ouvrira ses représentations à Casablanca et à Madrid.
 "Notre souhait est que ce Conseil, au-delà des actions visant à promouvoir  l'accroissement des échanges commerciaux entre nos deux pays, se positionne  comme un centre de réflexion et de veille stratégique pour nous indiquer les  opportunités d'investissement qui existent", a-t-elle dit.

Pour sa part, l'ambassadeur du Maroc à Madrid, Mohamed Fadel Benyaich, a de son côté relevé que la mise en place du CEME constitue une nouvelle étape sur la voie de l'approfondissement des relations bilatérales excellentes entre les eux royaumes. Cette dynamique, a-t-il dit, illustre le haut niveau du dialogue stratégique établi à divers niveaux et la volonté commune d'aborder la mise en œuvre d'initiatives constructives tendant à consolider davantage le cadre global de la coopération bilatérale.

Ce Conseil, a poursuivi le diplomate, offre l'opportunité de réaffirmer la volonté conjointe de fixer des objectifs de plus en plus ambitieux et d’assumer ensemble la responsabilité d'optimiser les mécanismes d'une coopération efficiente et en croissance permanente.

Il a relevé, par ailleurs, que le Royaume continue de déployer tous les  efforts possibles afin de préparer aux opérateurs économiques internationaux  des conditions optimales en matière de prospection des opportunités d'affaires  et de développement du tissu entrepreneurial, notamment les PME.
M. Benyaich a lancé un appel aux entrepreneurs espagnols à s'associer à leurs homologues marocains pour une coopération triangulaire solide orientée vers le monde arabe et le continent africain, basée sur les expériences et les potentialités des deux pays. 

Présent lors de cette rencontre, le président du directoire de Moroccan Agency for Solar Energy (MASEN), Mustapha Bakkoury, a considéré que la création du CEME permettra d'élargir davantage les perspectives de commerce et d’investissements entre les entreprises marocaines et espagnoles.

Il a cité parmi les chalenges que les acteurs économiques des deux pays sont capables de relever celui du parc solaire de Ouarzazate, réalisé avec la contribution d'entreprises ibériques et devrait devenir le plus grand complexe  d'énergie solaire au monde.

Le Maroc s'est positionné de manière audacieuse en matière d'énergies  renouvelables, à la fois pour donner une visibilité aux acteurs économiques  quant aux besoins en énergie dans l'avenir, mais aussi comme un choix  volontariste pour donner au développement économique une dimension  environnementale qui s'impose de plus en plus, a-t-il fait remarquée.

Le Maroc et l'Espagne ont un rôle clé à jouer dans ce domaine, forts de leurs visions et leurs expériences respectives en la matière, pour aller investir ensemble dans d'autres pays, a insisté M. Bakkoury.

Le co-président du CEME, Salaheddine Kadmiri, a indiqué que le Conseil se  veut un organe hautement décisif pour la promotion et le renforcement de la  coopération entre les entreprises et les institutions marocaines et espagnoles.

Il aura pour mission, a-t-il expliqué, de doter les entreprises des moyens  de prospecter, d'investir au Maroc comme en Espagne, ajoutant que des  structures dédiées à cette tâche seront mises en place.

A cet égard, M. Kadmiri a indiqué qu'un comité exécutif réunissant 20  membres, 10 de chaque pays, ainsi qu'un conseil général constitué de 50  entreprises (25 de chaque pays), seront instaurés en vue d'animer et dynamiser  cette institution


 

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